jeudi 31 janvier 2019

Communiqué de presse de la FED (Fédération Environnement Durable)




28 janvier 2019

Éolien : les associations attaquent les décrets Lecornu / de Rugy
Le lundi 28 janvier 2019, la Fédération Environnement Durable, Vent de Colère!, Vieilles Maisons Françaises, Patrimoine Environnement et Sites & Monuments ont déposé devant le Conseil d’État deux requêtes en annulation pour excès de pouvoir des décrets « Lecornu / de Rugy » n°2017-1217 du 24 décembre 2018 et n°2017-1217 du 24 décembre 2018.
  
Ces textes d'exception constituent en effet une régression historique du droit français de l’environnement protégeant les citoyens :
· en supprimant le double degré de juridiction dans le contentieux éolien ;
· en réduisant à 15 jours le délai d’étude des projets éoliens par l’administration ;
· en remplaçant les enquêtes publiques par une simple participation par voie électronique pour toutes les Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) et notamment les éoliennes.
Nos associations constatent, une fois encore, l'influence des promoteurs éoliens sur le ministère de l’Ecologie et s'étonnent des nouvelles dispositions dérogatoires qui leur ont été octroyées, alors même que le rejet des éoliennes ne cesse de progresser dans la population. Il s'agit d'avancer à marche forcée vers un objectif de 15.000 nouvelles éoliennes, en supprimant toute opposition légale, bien que leur coût pour la collectivité (taxes prélevées sur les consommateurs), les paysages et les monuments, comme leur impuissance à lutter contre le réchauffement climatique soient désormais établis.

Contacts presse
Fédération Environnement Durable
tel 06 80 99 38 08
Vent de Colère ! Fédération Nationale
contact@ventdecolere.org
tel 06 40 89 49 82

Vieilles Maisons Françaises
Patrimoine Environnement
contact@associations-patrimoine.org
tel  01 42 67 84 00
Sites & Monuments
contact@sppef.org
tel 01 47 05 37 71

«Le grand débat, dernière chance d'obtenir l'arrêt de la prolifération des éoliennes»


Lire ci-dessous une Tribune du Figaro du 30/01/2019, par Patrice Cahart, Ancien directeur de la législation fiscale au ministère des Finances.


« TRIBUNE - Patrice Cahart, inspecteur général des finances honoraire, juge insensée la multiplication des éoliennes, tant au plan économique qu'esthétique et même en termes de santé publique.

La transition énergétique fait partie du grand débat national qui vient de s'ouvrir. C'est l'occasion de s'interroger, une nouvelle fois, sur la priorité accordée à l'éolien. Cette forme d'énergie est, nous assure-t-on, renouvelable. Trompeuse apparence. Sur notre territoire, une grande éolienne ne fonctionne en moyenne qu'à 24 % de sa puissance. En effet, s'il y a peu de vent, elle reste immobile ; s'il y a trop de vent, on doit l'arrêter ; le reste du temps, elle tourne fréquemment au ralenti. Or les consommateurs ont besoin d'une fourniture régulière. Qui prend le relais? Des turbines à gaz. Du fait de ce mariage forcé, l'éolien n'est ni propre ni renouvelable. 
D'ailleurs, la France n'a aucun besoin d'un supplément d'électricité. En année normale, elle brade déjà le dixième de sa production: contrainte par l'État d'acheter le courant éolien à un prix moyen de 82 euros le mégawatt-heure (MWh), EDF le revend sur les marchés extérieurs avec une perte du tiers ou de la moitié. De nouvelles implantations éoliennes ne feraient qu'accroître ce gâchis mis à la charge du consommateur français.

Pour le voisinage, nombreuses sont les nuisances: bruit, foudre, effets stroboscopiques… On a trop longtemps négligé les infrasons et les champs électromagnétiques qui traversent les murs et s'attaquent aux organes des hommes ou des animaux, même à plusieurs kilomètres de distance. Depuis un colloque scientifique tenu à Paris le 16 novembre 2018, il n'est plus possible d'en faire abstraction. Certains projets montent à 240 m, et s'approchent donc des 300 m de la tour Eiffel. On verrait clairement ces engins à 20 km, et, de nuit, à 30 km, en raison des feux clignotants rouges! 
Pour tout arranger, la loi de 2015 relative à la transition énergétique prévoit de remplacer le tiers de la production nucléaire actuelle par du prétendu renouvelable (éolien et accessoirement photovoltaïque). Près de la moitié des habitations de la France rurale se trouveraient alors à moins de 3 km d'une grande éolienne. Nos campagnes ne seraient plus des campagnes, mais des zones semi-industrielles, sans les emplois qui vont normalement avec (car toutes les grandes éoliennes terrestres sont fabriquées hors de nos frontières). Le cadre de vie des Français et le décor de notre tourisme seraient bouleversés.

Comparons le volume d'investissement nécessaire pour appliquer cette loi de «transition» à celui de la solution la plus raisonnable, qui consisterait à prolonger de vingt ans ou même davantage, comme aux États-Unis, où la technique est similaire, la vie des centrales nucléaires actuelles. D'après mes calculs, le surcoût de la première solution, adoptée par les pouvoirs publics, par rapport à la seconde est de 84 milliards d'euros. Encore faut-il y ajouter le coût du réseau à haute et moyenne tension qui couvrirait la France pour relier les nouvelles éoliennes (alors que les centrales nucléaires, elles, sont déjà desservies), celui des turbines à gaz qui pallieraient l'intermittence de tous ces engins, et enfin les indemnités à verser à EDF pour la fermeture autoritaire de centrales encore utilisables. Bien entendu, tout cela serait mis à la charge du consommateur ou du contribuable. Ce serait un puissant fauteur de renchérissement de l'énergie, que beaucoup de Français jugent déjà trop coûteuse. Le mouvement des «gilets jaunes» a montré que les usagers ne sont pas taxables à merci. 
                                                                                        
«Une autre approche des coûts consiste à mettre en compétition l'éolien terrestre et le photovoltaïque. C'est ce qu'a fait le ministère de l'Environnement sur seize sites répartis dans neuf régions». Un communiqué du ministre, M. François de Rugy, en date du 6 novembre 2018 a révélé que le photovoltaïque avait été déclaré vainqueur seize fois, pour un prix moyen de vente du courant à EDF égal à 55 euros le mégawatt-heure. Ce montant peut être comparé d'une part au prix moyen d'achat du courant éolien terrestre par EDF - les 82 euros déjà mentionnés - et au prix de revient du courant qu'elle produit elle-même, principalement dans ses centrales nucléaires, soit 42 euros. 
À la lecture de ce communiqué, on pouvait donc croire que la messe était dite pour l'éolien terrestre. Pas du tout. Trois semaines plus tard, nous avons appris que le parc éolien de la France allait tripler. Sidérant! La sidération continue lorsqu'on prend connaissance d'un décret du 29 novembre 2018, dont l'article 23 décide que les opposants aux projets éoliens terrestres ne pourront plus saisir les tribunaux administratifs. Ils devront s'adresser directement aux cours administratives d'appel, perdant ainsi la possibilité d'une première discussion. Cet article enfreint un principe: les juges étant faillibles, toute cause doit, sauf enjeu mineur ou très spécifique, pouvoir être jugée deux fois sur le fond - en première instance puis en appel. De surcroît, l'article 23 fausse la concurrence entre l'éolien terrestre et les autres formes d'énergie, dont le photovoltaïque, qui ne bénéficient pas de la même faveur. Le Conseil d'État appréciera.

La sidération franchit un degré de plus lorsqu'on découvre un autre décret qui tend à remplacer les enquêtes publiques par des consultations au rabais, sans commissaire-enquêteur. Soumise à consultation publique, cette initiative s'est heurtée à une hostilité sans précédent: 2968 avis défavorables contre 3 avis favorables. Le gouvernement n'en a pas été ému, et le texte a été publié sans changement notable au Journal officiel du 26 décembre (sic). 
Les nouvelles éoliennes, dont l'inutilité voire la nocivité sont prouvées, ne doivent bénéficier d'aucune aide publique, directe ou indirecte. L'action en faveur du climat est à réorienter vers la géothermie, la méthanisation et la récupération de la chaleur des égouts, ainsi que vers l'isolation des bâtiments, leur chauffage et les réseaux de véhicules électriques. Il est urgent de stopper la folie des éoliennes. »

Abonnés au Figaro, lire l’article en cliquant ICI

lundi 28 janvier 2019

Envoyons tous une lettre au Président de la République ce mercredi 30 janvier 2019!






La DDME s’associe à une initiative de la FED (Fédération Environnement Durable) et relaie auprès de ses membres, ses sympathisants et les lecteurs de ce blog le message suivant :

“Objet : Urgence climatique ou panique énergétique ?

Les principes de l’action :
Inonder la présidence, démontrer que la colère est présente sur tout le territoire, sur toutes les configurations paysagères. Espérer que l’effet de masse constitué par un envoi en grand nombre depuis la France entière, sera déterminant pour que ce courrier soit lu et traité par le Président et les ministres concernés.
 
Une lettre unique et commune à tous.  Si nous sommes réunis par ce courrier, cela prendra toute sa force, cela donnera de l’unité à notre action. Voir le texte ci-joint.

Objectif : 36 000 lettres.  C’est-à-dire idéalement 1 par commune !  ...

En-tête individualisé au nom personnel (et ou de l’association),  signée nominativement.

Date d’envoi : UNIQUE et commune à tous le mercredi 30 janvier 2019, les lettres sont postées.

Soyons très nombreux, ce sera la force de ce message. Il faut percer tous les remparts de la communication envers le Président, pour être entendus.”


Ci-dessous le texte de la lettre (il suffit de remplacer les passages surlignés en jaune par vos nom, lieu d’envoi et adresse, de signer et de poster par courrier postal).
N.B.: L'envoi en courrier simple adressé au Président de la République, à l’Elysée, est GRATUIT.

oooOooo





Votre nom
Votre adresse
Monsieur le Président de la République
Monsieur Emmanuel Macron
Palais de l’Elysée,
55 Rue du Faubourg-Saint Honoré
75008 Paris
Objet : Urgence climatique ou panique énergétique ?
Ville d’envoi le 30 janvier 2019
Monsieur le Président,
Lors de votre déclaration du 27 novembre 2018, vous avez souhaité, compte tenu de « l’alarme environnementale », mettre en place une « grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale ».
Votre décision de multiplier par trois le nombre d’éoliennes terrestres (8 000 à ce jour), ne se justifie pas : les chiffres montrent que l’éolien terrestre fait augmenter la production de CO2. Les chiffres fournis par RTE le constatent. Fatale, non pilotable, l’énergie issue des éoliennes requiert un complément de production assuré par les énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole) toutes émettrices de CO2.
La puissance disponible des EnR (éolien et solaire) a augmenté de 47 % sur  quatre  ans en France, parallèlement au cours de ces quatre mêmes années la production de CO2 liée à la production électrique a augmenté de 75 %. L’exemple du mix énergétique allemand recherchant comme nous la forte réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, ne fait que confirmer le constat que plus le parc  d’aérogénérateurs croît, plus il y a d’émission de CO2.
Vous avez décidé à travers votre politique en faveur des EnR, de la doter de près de huit milliards d’euros par an. Par captation de ces dotations, les promoteurs privés, loin de l’enjeu écologique, ont mis la main sur ce budget. Cela représente plus de cent vingt et un milliards d’Euros engagés par l’Etat sur quinze ans (rapport 2018 de la Cour des Comptes). Le mix énergétique français est tel qu’agir sur la part de CO2 relevant de l’électricité, c’est agir sur le plus faible des enjeux. Les sources majeures de production de CO2 en France sont l’habitat (plus de 40 %), les transports et l’industrie (plus de 40 %). Pour agir sur 40 % des gaz à effets de serre, l’amélioration de l’habitat ne sera dotée en 2019 que de 874,1 M€ (budget de l’ANAH). Il en est de même en matière de rationalisation des transports routiers et le redéploiement de solutions ferroviaires.                                
Nous nous interrogeons donc sur la bonne orientation de l’effort de l’Etat.

Nous suggérons que ces sommes gigantesques soient basculées vers les transports, l’industrie et l’habitat, investis pour communiquer sur les économies d’énergie et dans la recherche.  Des économies de 7 à 8 milliards par an permettraient d’embaucher et de payer immédiatement de l’ordre de 30.000 à 40.000 nouveaux jeunes chercheurs sortis de nos écoles. Il s’agit d’offrir à la France une puissance d’innovation retrouvée.

L’alarme environnementale concerne aussi la biodiversité. Celle-ci a fait l’objet d’une alerte en provenance de nombreux scientifiques, alerte relayée par votre gouvernement qui a fait de 2018 l’année de la biodiversité. Les aérogénérateurs sont des atteintes réelles et importantes à la biodiversité.
L’implantation d’aérogénérateurs en forêts, déboisées partiellement alors qu’elles sont le meilleur piège  à CO2, est une lourde erreur.
Les aérogénérateurs détruisent le patrimoine paysager, dont nous ne sommes que les dépositaires et qui sont une des sources majeures du tourisme français.  Ces « fermes éoliennes » ou plutôt ces zones industrielles d’aérogénérateurs font fuir le touriste. En multipliant par trois, plus aucun territoire ne sera épargné. Rappelons en outre que les communications actuelles des neurosciences font le lien entre santé et paysages.
Les projets d’aérogénérateurs font l’objet de contestation dans 70 % des cas. Nous nous interrogeons sur la place donnée au dialogue. Vous testez la suppression de l’enquête publique, vous avez, par décret, supprimé un niveau de juridiction. Vous souhaitez voir émerger une société de confiance. Dans le domaine des EnR, nous ne pouvons que constater le non-respect de ce dialogue.
Avec le déploiement de ces zones industrielles, la charte de l’environnement, qui est partie intégrante de la Constitution, est malmenée. Comme cela a été demandé par l’Académie de Médecine, l’ANSES, l’OMS, Il y a lieu de faire progresser l’état des connaissances. Pour lever les doutes sur l’impact sur la santé, le principe de précaution devrait être mis en œuvre immédiatement et engager les études correspondantes sans délai. Rappelons que de nombreuses études internationales démontrent l’effet néfaste sur la santé humaine et animale des infrasons produits par les éoliennes.
Dans la concertation que vous voulez mettre en place, nous vous demandons d’inclure les centaines de milliers d’adhérents de nos associations réparties sur tout le territoire pour la défense de l’environnement.
Nous partageons votre vision de la situation environnementale et de la fracture territoriale. Agissons de manière cohérente avec une politique au service de la baisse du CO2, et non une politique où les subventions ont été dévoyées par des financiers qui n’ont que faire de l’environnement.
C’est dans ce contexte que nous vous demandons, Monsieur le Président :
Ø  D’instaurer des évaluations récurrentes de la performance du déploiement des énergies renouvelables, notamment les éoliennes, sous les aspects écologiques, bilan CO2, financiers… ,
Ø  D’être associés à la concertation que vous voulez mettre en place,
Ø  Que l’Etat assure le financement de la recherche sur les énergies, finance l’amélioration de l’isolation des habitations, engage des actions visant à baisser la production de CO2 dans les transports et incite aux économies d’énergie.

Vous comprendrez, Monsieur le Président, que ces aérogénérateurs s’avèrent être une mauvaise réponse à une question mal posée. La Pologne pays le plus pollué d’Europe vient d’en faire le constat. A la vieille de la COP 24, le Premier Ministre, a annoncé la fin de l’éolien terrestre : l’éolien « n'était pas bon pour les citoyens polonais et pour l'économie polonaise".
Souhaitant que 2019 soit une année faste pour la France, pour la défense de notre avenir et de celui de nos enfants, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de notre plus haute considération.

Votre nom,
Signature