lundi 15 octobre 2018

Le projet de parc éolien d’ EDF Renouvelables sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde : « Un projet ahurissant, fou, nul» s’exclame Dominique Bussereau.


Le Président du Département de la Charente-Maritime, Dominique Bussereau, organisait jeudi dernier 11 octobre une réunion d'échanges avec les élus locaux et les représentants d’associations concernées sur les projets d’implantation d’éoliennes et notamment celui porté par EDF Renouvelables sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde.

D. Bussereau
Autour du Président Bussereau siégeaient Véronique Piasecki, maire de Saint-Sorlin-de-Conâc et hôte de l’événement, Lionel Quillet, Premier Vice-président du Département, Françoise de Roffignac et Marie-Christine Bureau, Vice-présidentes du Département, Marie-Pierre Quentin, Bernard Louis-Joseph et Loïc Girard, Conseillers départementaux.
Le Président Bussereau a réitéré son opposition très ferme au projet d’EDF R le long d’un estuaire que l’on est depuis si longtemps parvenu à protéger, et sa détermination à « lutter par tous les moyens ».

Il a informé le public de la nomination le 3 octobre dernier par la CNDP (Commission Nationale du Débat Public) de deux garants de la concertation préalable du projet, suite à la saisine de la Commission par le promoteur.


Le Président a confirmé la création dans les deux semaines à venir d’un « Observatoire de l’éolien » qui sera présidé par Lionel Quillet, à l’instar de « l’Observatoire de l’éolien en Hauts-de-France » mis en place par le Président de région Xavier Bertrand.
Lionel Quillet a rappelé que depuis 20 ans, le Département a acquis 500 ha de terrains de Vitrezay à Meschers en vue d’une meilleure protection de l’environnement et que ces efforts n’ont pas été menés pour voir un jour surgir des éoliennes industrielles.

De nombreux arguments justifiant de s’opposer à ce projet ont été largement repris par les divers intervenants lors de l’échange de vues : respect de la biodiversité, volonté de conserver les labels Natura 2000 et patrimoine de l’UNESCO (Citadelle de Blaye et dossier en cours pour le Phare de Cordouan), impacts négatifs d’un tel projet sur l’équilibre fragile de l’écosystème, sur la faune et la flore, sur le tourisme, pour les chasseurs mais aussi aux yeux de la LPO, etc.

Si tous ont salué l’annonce de la mise en place de cet Observatoire de l’éolien, beaucoup ont toutefois fait part de leurs vives inquiétudes à voir le projet continuer à avancer malgré la quasi unanime opposition du monde politique ; et certains de noter que d’autres projets comme à Baignes avaient fini par être autorisés au mépris de  l’opposition de la population et de presque toutes les parties concernées. Michel Broncard, Vice-président de la FED (Fédération Environnement Durable), a parlé du désarroi de la population du pays d’Aunis et des vals de Saintonge, une population « sacrifiée » : « 400 machines seront implantées d’ici 10 ans ! »



C. Belot; D. Bussereau


Certains se sont étonnés du silence du Président de la Communauté de communes de la Haute-Saintonge, Claude Belot, à l’égard du projet spécifique le long de l’estuaire ; le président Bussereau, qui rencontrait ce dernier après cette réunion s’est engagé à user de toute son influence auprès de lui.


Loïc Girard a évoqué les rapports d’experts tels le Directeur de BioSphères Environnement, Raphaël Musseau, ou le Directeur de recherche Christophe Barbraud, CNRS, sur l’impact d’un parc éolien sur l’avifaune, rapports dont les conclusion sont très claires. R. Musseau, présent dans la salle, a rappelé que ce projet de parc éolien est en effet situé le long d’espaces reconnus à l’échelle internationale pour leur valeur écologique exceptionnelle.

Pour certains représentants des associations présentes (i.a. Action Environnement Estuaire (AEE), Association Saintongeaise des Chasseurs de Gibiers d’Eau, Chasseurs, Défense des Marais de l’Estuaire (DDME), Donquichotte17460, Epargnes-Mon-Village, FED, Stop Eolien 17), il faut tout simplement que « ce projet s’arrête »… et d’inviter le Président Bussereau à intervenir dans ce sens directement auprès du Ministre François de Rugy.  D . Bussereau a prévu en effet de rencontrer prochainement le Ministre de la Transition écologique et solidaire.
Le président de la DDME a suggéré de lancer auprès de l’UNESCO une procédure de demande de classement de l’estuaire en tant que Patrimoine naturel.
Le président de l’AEE a proposé de s’orienter vers une solution plus cohérente pour ce territoire qui possède un grand potentiel en déchets agricoles en faisant le choix du biogaz.


Le long de l'estuaire                                          Armée d'éoliennes
Mais que ce soit de la part de ceux qui subissent en ce moment l’invasion d’éoliennes industrielles sur leurs territoires ou de ceux qui se battent contre un projet présenté de manière à la fois sournoise (très peu d’informations) et agressive (propriétaires « achetés, qui ne peuvent plus faire machine arrière une fois la promesse signée tellement le promoteur a bien ficelé son contrat» et projets souvent imposés malgré les oppositions citoyennes), l’impression générale qui ressort des interventions est celle d’un réel déni démocratique.

Lionel Quillet a clos la réunion en remerciant les participants et en les invitant (maires et associations) à participer à l’Observatoire de l’éolien dès qu’il sera mis en place.

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