mardi 7 août 2018

Vents contraires contre les éoliennes. De plus en plus de voix s’élèvent contre ce gâchis

Dans l’éditorial du Figaro du 7 août 2018, Bertrand de Saint-Vincent, Directeur adjoint de la rédaction, évoque ces vents contraires qui soufflent contre les éoliennes :

« Don Quichotte est de retour. Un vent de colère souffle contre les éoliennes. De l'illustrateur Philippe Dumas au président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, des voix de plus en diverses s'élèvent contre ces pylônes de plus de cent mètres de haut qui défigurent le territoire terrestre et, demain, maritime. Pêcheurs bretons, paysans normands, défenseurs du patrimoine, de l'environnement ou simplement des finances publiques, la coalition antiéolien gonfle comme un spi.
Les reproches s'accumulent: atteinte à l'intégrité des paysages et au cadre des monuments historiques, pollution sonore ou lumineuse, danger pour les oiseaux migrateurs ou la faune marine. Sans oublier l'accusation majeure: le tarif exorbitant du rachat garanti de l'électricité produite par cette forêt de mâts dont il faut souligner que les pales ne tournent que 23 % du temps en moyenne.
Quel gâchis. Quel triste chemin parcouru entre l'idée initiale, séduisante, d'utiliser la force du vent pour produire une électricité renouvelable et sa réalisation, qui fait aujourd'hui figure d'épouvantail et s'annonce comme un gouffre financier. Que d'amateurisme, d'incohérences.
Comment expliquer, par exemple, que tandis que l'on continue à enterrer les fils électriques, on parsème les champs - et bientôt les océans - de piliers coulés dans le béton dont nul ne se soucie de savoir ce qu'ils deviendront lorsqu'ils seront obsolètes? Prodige de la technocratie. Conduite à coups de subventions et de promesses illusoires, livrée à l'air du temps et teintée de frénésie idéologique, notre politique énergétique manque de vision globale et à long terme.
Lorsque, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France fit le pari du nucléaire, ce choix fit l'unanimité et fut un succès. À l'heure où s'impose la nécessité de faire évoluer ce schéma, Emmanuel Macron, qui aime à se draper dans les habits du général de Gaulle, se doit d'en redéfinir, dans la clarté, les contours et les enjeux. Loin des «petits arrangements entre amis» et du saupoudrage arbitraire, la politique énergétique française mérite mieux que des battements d'ailes. »

Source : Éditorial du Figaro du 7 août 2018 ICI

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